Egoïsme de bon aloi

 Sur le site de Rue 89 mercredi  8 février, reprise ce matin par Libé, l’idée d’un « 115 des particuliers ». Si comme moi vous avez du mal à vous couler dans la tiédeur de votre appartement quand vous venez de croiser une vieille rétrécie de froid sur le trottoir, si vous en avez marre, entre un bon bain chaud et une petite  tambouille,  de vous pendre au 115 occupé deux fois sur trois, si vous ne supportez pas l’argument selon lequel « ils «  ne veulent pas venir au Samu ( ils ont de bonnes raisons quand c’est le cas) … alors, oui me suis-je dit, un 115 des particulierst pourquoi pas ? Sauf que. Sauf que non : c’est un métier de s’occuper de la grande détresse et, sur l’ensemble des SDF,  un tiers aurait des problèmes psychologiques plus ou moins graves – difficile de se récrier si on est attentifs à ceux qui sont dehors. Je pense donc que c’est à une structure publique de s’organiser pour qu’on ne vive – pour qu’ils ne vivent – plus ça : les couvertures pourries, les doigts gourds et la menace de mort – car  ce froid peut faire mourir. A partir d’un certain revenu, je suis persuadée que nous serions  d’accord pour que nous soit  prélevée chaque année une petite somme.   Si soulagés (mais oui c’est la motivation première ! et quelle importance qu’elle relève de l’égoïsme) de pouvoir rentrer chez eux sans se dessécher de culpabilité. Dans la suite de la soirée, il y aura les morts syriens qui s’en chargeront au moment où votre assiette de pâtes arrive fumante et odorante sur la table. Là on ne peut rien. Sur le scandale des sans-abris on peut. Après, en deçà et au-delà de  l’urgence,  intervient toute la politique du logement. Je vais la suivre de très près : ce sera mon critère de choix pour les élections. Un toit c’est le moins. Non ?

Une pensée sur “Egoïsme de bon aloi”

  1. En effet, Dane, c’est choquant et inacceptable voir ces personnes par grand froid dehors. J’ai animé pendant des années un « café-philo » dans une maison d’accueil (Réseaux Abbé Pierre), une expérience incroyable, où je pu réaliser (si besoin était) la somme de souffrance qui est infligée à de personnes qui ont, comme tout les autres, un passé, une expérience de vie, des pensées et des sentiments. Le fait de ne pas pouvoir avoir un toit implique rien de moins que de ne mas « habiter ». On reste un être humain mais on n’est pas un habitant. Voici pour celui qui aurait la patience de lire un petit texte que j’ai écrit sur la question :
    http://philo-music.eu/2009/12/02/quest-ce-quhabiter/

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