Cassez vos tirelires…

…allégez vos bas de laine – il parait que ceux des Français sont bien remplis  – en donnant un coup de pouce à à l’œuvre très singulière et profondément attachante de Séra. L’auteur d’une inoubliable trilogie Bd sur les Khmers rouges est aussi  peintre. L’Institut Français du Cambodge organise en avril 2012, la première exposition de peintures du dessinateur et publie un catalogue sur des textes de Eric Joly, Dominique Poncet et Soko Phay Vakalis. L’ouvrage comportera 66 pages couleur sur papier sans bois au format 25 x 25. Il sera accompagné d’un DVD contenant la captation de deux performances réalisées par Séra. Sortie le 05 avril 2012.

 Souscription : 50 Euros (par chèque ou RIB sur demande). Chaque souscripteur recevra un catalogue dédicacé accompagné d’une lithographie originale retravaillée par l’auteur 17 x 13 cm..

Renseignements auprès de l’auteur : ING Phouséra, 3 rue Charles Baudelaire, 75012 Paris. phousera.ing@gmail.com

 

Papotages

 

Je n’ai pas résisté, j’ai acheté le Elle avec Anne Sinclair en couverture. J’adore, comme tout le monde, lire  Elle une ou deux fois par an et pour tout vous dire j’adore Anne Sinclair. Elle revient  dans les médias pour lancer Huffington Post, la version française du site d’infos américain d’ Arianna Huffington, dont elle est la directrice éditoriale  et l’actionnaire à 34%.

Bon, je vous rassure,  elle ne dit rien dans Elle – malgré l’accroche :  L’interview vérité.  Ouf ! je n’aurais pas aimé qu’elle se répande sur ses sensations, ses sentiments, son  chagrin, la rage qui a du être la sienne, etc. Non, elle nous dit qu’elle est libre – autrement dit comme vous et moi elle essaie de l’être  – et parle de son métier retrouvé . J’ai été voir le site Huffington Post Huffpo  pour les branchés. C’est sûrement très bien. Je n’ai lu que la chronique de Nicolas Bedos que j’adore lui aussi. Trop long trop long pour une lecture sur écran. Ah vive le papier !

Toujours dans Elle une interview de Rachida Dati. Elle est rigolote. Elle aussi je l’aime bien – je sais que ça va en faire hurler certains. Elle a un sens certain de la formule : « La vraie politique, c’est celle qui peut changer la vie des gens. J’en suis l’exemple : mes parents étaient analphabètes, j’ai été garde des Sceaux. »

Et enfin je vous livre une pub : Un soin hydratant aux cellules actives de clémentine –a priori   les cellules passives de lychee c ‘est  moins bien. Peut-être que se passer des quartiers de clémentine sur la pomme a  le même effet … Et un conseil beauté : Créer des ombres flatteuses. Avec un gros pinceau à blush, déposez un peu de fard dans le creux des seins pour en accentuer le bombé. Pour un effet bluffant, mettez une toute petite quantité et dégradez un max. C’est l’effet bluffant que je trouve épatant. Et aussi d’imaginer la nana dans sa salle de bains écoutant l’adorable ( c’est le dernier promis) Bernard Guetta en se demandant bien de quel pays il peut parler ce matin tout en déposant ce peu de fard entre ses seins, seins qu’elle fait derechef disparaitre sous un bon col roulé. Ah mais c’est comme ça : la beauté c’est comme l’écriture faut pas s’économiser …

Voilà c’est fini pour Elle pour cette année

A part ça les soldes me rendent folle. Des bijoux  à 2 euros je ne sais plus dans quelle boutique  à République. J’ai  acquis pour cette somme des pendants d’oreille comme dit la chanson où se balancent non pas  des cerises mais des breloques avec au bout une rosinette en tissu… Tellement charmant. J’aime les breloques, les foufs (échantillons de tissu dans le langage d’un grand oncle représentant de tissu dans le nord, années 50 … ) ..   dans ma prochaine vie je tiens une mercerie comme celle au 104 la rue de Belleville dont je vous ai déjà parlé

Déménagement (suite)

La vie matérielle. La lutte avec la matière. Plus de mots, plus de phrases, plus d’images,  plus de cinéma, rien d’éthéré, rien d’immatériel,  « de la matière, uniquement de la matière » comme me disait une amie de cœur (évidemment de cœur pour être là à mon déménagement)

La matière : les traces, les strates, sous  l’évier, le lavabo, derrière le frigo , les plaintes pardon les plinthes, les tuyaux – plomberie et ordinateurs : même  folie entortilleuse. C’est comme les ceintres tiens ! Je ne sais pas vous mais moi je ne les  supporte pas : tordus, retors, vicieux, agressifs, n’ont de cesse de vous faire perdre votre sang-froid ( Desproges en avait fait un texte me dit-on,  je ne me souviens pas,  et il y a deux ou trois ans dans Charlie Hebdo aussi j’avais lu et mis de côté un superbe papier englouti dans le maelström).  Bref, les mains dans la matière. Jusqu’au bouquet final : du  lait concentré ( je vous recommande le petit Marabout Lait concentré sucré – les 30 recette culte) échappé de sa boîte, renversé donc  et tapissant benoîtement mais avec détermination le fond du bac à légumes. Presque jouissif de se mesurer à  cette matière là : d’un beau blanc nacré, molle, fluide et pourtant compacte,  collante, enveloppante. Maternelle, c’est ça. 

Et la culture :  pesant enfin son véritable poids (encyclopédie, dictionnaires, livres, dossiers) dans des cartons lourds comme des ânes morts.

Diable et monstres. Fin du branle-bas de combat enfin. Aussi sec je ressors les mots, les phrases, les concepts. Et me voilà joyeuse comme une enfant (Maman maman j’ai eu 10 !) de réconcilier matière et culture  en placardant sur ma porte palière l’affiche de la pièce  « La Maison »  au Lucernaire à  l’automne 2011. Un bien joli spectacle bâti sur des textes de Duras ( La Vie matérielle)  dont j’avais rendu compte sur le site theatrotheque .com. Je me relis et retiens  ça :

«  D’abord elle ne nous parle que de ça Duras : de la maison, des hommes et des enfants. De ce qu’il faut faire, de ce qu’on croit qu’il faut faire quand on est une femme. De comment les mettre, les enfants, sur la voie du bonheur. De comment leur éviter le mal. Même si presque toujours ça ne sert à rien, les femmes ne peuvent pas s’empêcher de s’y employer. Elles s’emploient à ranger aussi. Il y en a beaucoup « qui croient qu’on peut résoudre la question du désordre en la remettant à « plus tard », qui ignorent que ce moment qu’on appelle « plus tard » n’existe pas , il n’existera jamais« . Elle ajoute : « Si on ne jette pas on peut passer sa vie à ranger. »

Eh oui. Donc j’ai jeté, je jette, je jetterai … Ainsi d’une autre affiche cartonnée, géante, très encombrante, réalisée par le Festival d’automne qui me fit l’ honneur de m’inviter en 2001 pour mon livre Les aventures mystiques d’une toute petite fille. Je m’en sépare, toute gonflée de fierté de ce dérisoire et fantastique renoncement. Je mets l’objet du sacrifice avec les « encombrants », ( les  « monstres » comme dit celui qui tient la barre dans l’ouragan), à côté d’ un Picasso sous verre – cela fait des années que son Arlequin songe dans mon entrée, pensons à autre chose.  Dans l’élan, et pour achever de  fusionner matière et idées, je prends un cliché de l’ultime voyage  sur « le diable ». Idée : le refiler tel quel au centre d’art contemporain Le Plateaun en dessous de chez moi, qui présente  une expo intitulée  Le  sentiment des choses – impression que c’est toujours dans ce lieu la même expo, une sorte de  déménagement permanent , c’est simplement le titre qui change et là, so synchro avec mes préoccupations …

Sur un plateau et au cinéma

Deux actualités Cambodge

Le Cambodge sur un plateau dans  la revue XXI. Autrement dit mon reportage sur l’aventure de cette jeune troupe de théâtre khmère qui a joué à La Cartoucherie  L’Histoire terrible mais inachevée de Norodom Sihanouk, roi du Cambodge. L’occasion  de découvrir  cette  somptueuse publication avec des reportages au long cours et de belles plumes ! Uniquement en librairie.

Leur site : http://www.revue21.fr/

 

 

 

 

 

 

Le film de Rithy Pahn, Duch, le maître des forges de l’enfer,  sur les écrans  le 18 janvier. J’en ai vu quelques minutes sur FR3. Un face à face avec le tortionnaire de la prison S21 à Phnom Penh où sont mortes 12 000 personnes entre 1975 et 1979. La patte Rithy Panh : rigueur, distance, émotion. (Rithy Panh qui vient de signer chez Grasset le livre qu’il portait depuis son adolescence sous les Khmers rouges  » L’élimination » chez Grasset. Je vous en reparle.)

Allez voir le film au Reflet Médicis  le vendredi 20 janvier à 20h00 en présence du réalisateur. La soirée sera passionnante.