Impact, embardée et blasphème

Impactée suite.  Au guichet du Crédit lyonnais rebaptisé LCL  il y  quelques années pour faire oublier  ses égarements , comme je demande une impression de l’état  de mon compte, on m’informe : Vous serez impactée ! Comment ça impactée ? On vous déduira les frais d’impression sur votre compte . Le service gratuit est  devenu payant mais attention ! c’est pour la bonne cause, celle du développement durable. On doit penser à l’avenir de nos enfants et de nos petits- enfants, m’explique pateline et sentencieuse  la chef de guichet.  Quel rapport ? Si le client paye il consomme moins. Et si le client paye, c’est toujours ça de gagné pour  la banque.

Un matin sur France Inter : Une mue qui s’accompagne de quelques embardées !  Cela ne doit pas être de tout repos à vivre cette affaire-là.  Il me semble que l’improbabilité de l’image est due autant au sens qu’au son : « muer » c’est  un processus lent, à peine visible et le sonorité du mot est elle-même mobile,  molle  ;  alors que la signification et la sonorité de « embardées » sont rapides, brutales, spectaculaires.

Au secours ! Dans le métro, une affiche » Tu fais quoi sous ton pommier ? – J’envoie un mail ! »

Blasphème. Quel plaisir de retrouver Cavanna dans Le Monde( 9 décembre 2011). La page Débats l’accueille avec d’autres pour revenir sur les » blasphèmes » qui agitent  le monde catholique. Et uniquement. Car, nous apprend le sociologue des religions  Olivier Bobineau : « Le blasphème invoqué en place publique est hors-la-loi en France, ne faisant plus l’objet de sanctions. » Pourquoi ? Parce que de l’eau a coulé sous les ponts à commencer par la révolution française et le pouvoir divin interprété par l’Eglise   » ne fonde plus les normes, ni ne justifie les principes du vivre ensemble, ni ne détermine les châtiments  »
Dans le même numéro du Monde un article sur Golgota picnic, la pièce qui fait scandale au Théâtre du Rond-Point . Brigitte Salino la qualifie d’œuvre puissante et donne puissamment envie d’y aller… Trop tard pour moi. Si un lecteur de ce blog l’a vue, qu’il nous dise ce qu’il en a pensé. Les souvenirs de l’auteur Rodrigo Garcia, qui nourrissent ses créations, rejoignent les miens (et ceux de nombre d’enfants qui furent  immergés jusqu’à l’intoxication  dans la religion catholique) : peur du péché, peur de l’enfer, peur d’une loi divine à laquelle il était impossible d’échapper. Je raconte ça – et on dit que c’est drôle –   dans Les aventures mystiques d’une toute petite fille, éditions Melville.  A commander chez votre bon libraire avant qu’il ne disparaisse sous une montagne de liseuses-tablettes …

Cavanna écris plus souvent !

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