Eté parisien

LES CIELS DE TERRENCE MALICK. Courez voir le film « Moissons du ciel », reprise de 1979, et noyez-vous dans la couleur pour oublier la rentrée.

LES YEUX DE TERZIEFF. On avait aussi envie de s’y noyer. Extrait d’une interview d’Odile Quirot dans le Nouvel Obs : « Pour un artiste toute réflexion sur le temps débouche plus ou moins sur une panique métaphysique. C’est de cette panique que se nourrit la création, le présent étant du passé en train de se faire, le passé un ancien futur qui n’a aps tenu ses promesses ; le rêve éveillé ne sera jamais réalisé et les rêves de la nuit ne rejoindront jamais ceux du jour. »

LA PLUME DE LANZMANN. C’est vrai – et on lui reproche autour de moi – il est content de lui. Mais franchement y a de quoi ! J’ai adoré sa voracité des choses de la vie qui m’a rassuré sur la mienne, qu’il me fasse rencontrer Simone de Beauvoir et Sartre autrement, son histoire d’amour avec une jeune Coréenne ( il a eu envie de faire un film : oui le sujet est magnifique mais la narration de l’écrivain fait naître tellement d’ images, on n’a pas besoin de plus). J’ai ri aussi souvent par exemple à son « énergie cinétique » qui luit fait traverser une vitre trop transparente. Surtout j’ai été happée par les pages où il raconte comment il a fait Shoah : sept ans de folie… Le livre se ferme sur les raisons du titre « Le Lièvre de Patagonie »(Gallimard) avec cette dernière phrase quand l’ animal surgit dans ses phares incarnant la présence de Claude Lanzmann dans ce bout du monde, lui faisant ressentir qu’il y est vraiment : « J’avais près de soixante-dix ans, mais tout mon être bondissait d’une joie sauvage, comme à vingt ans. » Et vous voulez résister à cet homme-là !

LES HAIKUS DE JOURNALISTES
Cet été pendant la semaine d’atelier d’écriture, un jour où il faisait trop beau pour rester enfermés, j’ai envoyé les jeunes journalistes du CFPJ cueillir des Haïkus dans Paris. Sur le rythme 5/7/5. Pas si mal le résultat …
Terrasse de café
Serviettes et menu s’envolent
La serveuse s’énerve
Elodie

Cinq filles en short passent
Inaudible dans la ville
La contrebasse
Edouard

La bouche huileuse
Et les mains pleines de chips
Elle semble bienheureuse
Marie

Elle traîne le pas
Petit ange aux cheveux d’or
Son nounours à la main
Mailys

Terrasse d’un bistro
Verte, vive et glacée
Ma menthe à l’eau
Mélanie

Il s’envole dans le ciel
Atteint le toit de la cathédrale
Le plastique
Elodie

Flottant au vent
Longues, courtes ou fendues
Jupes de l’été
Maylis

Sur le trottoir gris
Ouvert entrailles à l’air
Un pigeon crevé
Emilie

Les cheveux frisés
Le nez retroussé et plat
Une tête de laitue
Julie

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