Chiacchiere …

Philippe di Folco est un grand mec sympa, bourré de talent, qui fait des livres inattendus, délicieux, provocants ( « Le goût du sexe » au Mercure, « Peau » au Relié …) Sa dernière œuvre c’est le « Dictionnaire de la mort » : 205 contributeurs pour traiter de sujets qui vont de la « double contrainte » , (une mort psychologique), à l’« orgasme » en passant par « Nietzche » avant d’en venir à « Tueur à gages » … Ceci n’est qu’une suggestion de parcours parmi les 1000 articles ! j’ ai moi-même rédigé ceux du « Cambodge » et du « Vietnam ». Bref, nous nous croisons souvent ces derniers temps. Et, en l’occurrence, la semaine dernière dans le cadre de « Paris en toutes lettres » où j’ai lu avec mon amie comédienne Aline Barbier des extraits de « Tourments et merveilles en pays khmer » et des « Aventures mystiques d’une toute petite fille » (toujours disponible à la vente : le premier chez Actes-Sud, le second aux éditions Melville qu’on se le dise).

Dans la foulée, j’ai suivi l’atelier de Philippe à la Péniche Cinéma au parc de la Villette. A partir de son livre «A table avec la mafia- 90 recettes italo-américaines » (épuisé sauf quelques exemplaires à la jolie Librairie des Orgues, 82 avenue de Flandres, Paris 19), il avait imaginé une atelier mêlant cuisine et ciné . Il s’est d’abord attaqué au dessert, pour que la pâte ait le temps de reposer, avec des « chiacchiere », autrement dit des « bugnes », des « merveilles » à Montpellier, des « oreillettes » encore ailleurs. Pendant qu’on prépare la pâte, c’est long, on a le temps pour des « chiacchiere », pour papoter, caqueter. Et pour regarder sur un écran, derrière la table de travail , des extraits du « Parrain « relatifs, bien sûr, aux nourritures terrestres. Nos yeux allaient donc des mains de Philippe di Folco, qui malaxait avec une maestria gourmande sa pâte à bugnes, à une scène amoureuse sur fond de gnocchis – les fans sauront de quoi je parle. C’était franchement beau le mélange des images et de la réalité.

La préparation des Macaroni napolitaines della Mamma a été elle aussi un régal : l’odeur des oignons roses et du basilic , les commentaires du cuisinier , par exemple sur la pâte sèche inventée par les Bédoins et importée en Sicile, les conseils de Rosa Tandjaoui, patronne de la Librairie des Orgues – j’ai noté son enthousiasme pour « La pension Eva » et « La concession du téléphone » d’Andrea Camilleri.

Mais on avait faim ! Julie Navarro, l’adjointe au maire du 19ème, a servi les macaronis. Mission risquée s’il en est car il s’agissait de longs et gros tubes – des Zitio n°18 ai-je cru comprendre mais je ne garantis rien – qui glissaient lestement de la louche ; et de la bouche itou d’ailleurs . C’était très gai tout ça. La prochaine fois, lecture de « Tourments et merveilles » avec préparation d’ une soupe aigre-douce khmère …
… ET LE QUATRE QUARTS D’OBAMA . Pour conclure ces « chiacchiere », ces papotages, une recette entendue dimanche matin au parc des Buttes Chaumont dans la bouche d’ un gourmet. De source sûre, il s’agit bien du quatre quarts d’Obama : 4 oeufs, 250 grammes de farine, 250 grammes de miel, 250 grammes de beure … Vous touillez, vous cuisez, vous goûtez et vous me racontez. Ah mais y a pas que le football dans la vie!

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