Ouf …

« Main basse sur l’info ». Le titre racoleur de l’émission du 9 février 2010 sur Arte ne laissait pas présager une très bonne soirée télé. Erreur . Un premier film « Les effroyables imposteurs » de Ted Anspach met à plat les théories du complot. D’abord pour le virus H1N1. Les interviews de l’avocat de Grenoble (( dont je n’ai pas noté le nom) dans son valeureux combat sont un bijou. En gros : on relance l’économie en déclenchant une épidémie. Et bonnes gens écoutez bien : peut-être même que le virus ( comme celui du sida ) a été créé en labo. Yes. Les arguments de l’avocat fan de karaoké ont été démontés vite fait bien fait.
Même impitoyable démontage pour le 11 septembre fomenté par les Américains. Où l’on voit l’ahurissante complaisance d’un journaliste sur TV 7 à propos du film ReOpen. Bref serrons les fesses ! L’objet du complot est en effet toujours le même : « éliminer une partie de la population mondiale » Il n’y a pas qu’à la télé qu’on dit ça je l’ai entendu dans une salle de sports, au bistrot …D’ailleurs 11% des Français estimeraient que le 11/9 a été organisé par les Etats Unis eux-mêmes ; en Chine ils seraient 56% à penser qu’on ne connait pas la vérité sur les twin towers. Orwell et Huxley – il mérite mieux pour sortir de son purgatoire littéraire que cette récupération-là – sont doctement cités par des grands malades du complot. Un type raconte qu’il a passé quatre heures par jour pendant deux ou trois mois à s’informer. Ce n’était pas très normal ,commente-t-il – pour le moins !

Traité également dans le film le thème : « nous sommes tous des journalistes ». Argument pour : les manifestations et répressions en Iran par exemple qui se savent. Contre : tout et n’importe quoi sur la toile. Sauf si on passe, disent certains, au journalisme participatif : es lecteurs sont tous de potentiels journalistes mais il faut que s’exerce un contrôle par des professionnels. Il s’avère que ce contrôle est difficile : exemple édifiant de lepost.fr dont le Monde serait un des actionnaires avec des dérives anti -sémites parfaitement incontrôlés.
Deuxième film : Huit journalistes en colère. Où l’on découvre ( moi en tout cas) un David Pujadas(le journal de la 2) inhabituel qui décline un « halte à la bien-pensance, au journalisme des bons sentiments », à savoir le faible a toujours raison contre le fort. Assez gonflé, il donne l’exemple des suicides à France Télécom : le nombre est-il supérieur à la moyenne des autres entreprises ? Allons juste voir dit-il Peut-être qu’on se laisse rouler par la vague.

Même discours chez Philippe Val, ex directeur de la rédaction de Charlie Hebdo, de France Inter maintenant : « Le pire ennemi du journaliste : être au service du bien (…) faire primer la thèse sur les faits. Il faut penser contre son opinion ». Idem encore chez Ellkabach journaliste peu en odeur de sainteté : Opposé clairement au journaliste-citoyen, il déplore la tendance à considérer les affaires du monde comme une bataille entre le bien et le mal. Edwy Plenel, ex du journal Le Monde, fondateur de Mediapart, n’est pas d’accord : Internet dit-il en substance nous remet, nous journalistes, à notre juste place , le reportage, tandis que l’opinion appartient à tout le monde.

Vaste sentiment de soulagement à entendre tout ça.
Tandis que sur le site de Reopen, la controverse rebondit violememnt. La puissance d’Internet quoi qu’on dise.

Ouf encore en écoutant Elizabeth Badinter sur les ondes. Souvenir d’une interview d’elle dans son appartement, avec vue sur un Luxembourg enneigé me semble-t-il : précision, finesse, rigueur des propos. Directement de la bande enregistrée au texte, ou presque. Son « conflit » ( publié chez Flammarion) fait polémique. Super ! De l’obligation d’être mères avant tout en est a priori le propos ( je ne l’ai pas lu). Ouf, oui, ouf quand je l’entends épingler cette opinion verte qui m’avait fait voir rouge un matin dans ma salle de bains : les couches jetables ne sont pas respectueuses de l’environnement ! En voilà une idée qu’elle est bonne : revenir aux couche lavables, et pourquoi pas à l’authentique poésie du lavoir communal. C’est un exemple mais révélateur de la liberté d’esprit de la plus intelligente de nos féministes.

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