Allergies

« UN POT CONVIVIAL »
Se réunir autour d’un pot convivial, ça vous tente ? J’aurais pu vous proposer un pot solitaire, un pot chacun pour soi, un pot je m’enfile les petits sandwiches, les tacos et le vin rosé tiédasse, sans rire et sans parler, dans mon coin, en suisse, tranquille comme Baptiste…Pas du tout ! je vous invite à trinquer avec nos verres en carton et à craquouiller les chips mais ensemble. Convivial quoi.

« PAS DE SOUCI »
Vous me gonflez à mort avec votre garantie obsolète, avec votre taille 40 trop petite, avec l’annulation de notre rendez-vous…Mais je vous le dis pas de souci ! tout va bien, on s’aime !

Le poids des mots toujours

Je reviens sur l’emploi du mot malédiction à propos d’Haïti dénoncé par Mimi Barthelemy (voir ci-dessus) pour citer l’écrivain Dany Laferrière dans le monde du 17/18 janvier :
« Il faut cesser d’employer ce terme de malédiction. C’est un mot insultant qui sous-entend qu’Haïti a fait quelque chose de mal et qu’il le paye. C’est un mot qui ne veut rien dire scientifiquement. (…) Si c’était une malédiction alors il faudrait dire aussi que la Californie ou le Japon sont maudits. Passe encore que les télévangelistes américains prétendent que les Haïtiens ont passé un pacte avec le diable, mais pas les médias. (…) Il y a une autre expression qu’il faudrait cesser d’employer à tort et à travers c’est celle de pillage. Quand les gens, au péril de leur vie, vont dans les décembres chercher de quoi boire et se nourri avant que des grues ne viennent tout raser, cela ne s’apparente pas à du pillage mais à de la survie.

Des étoiles noires et de l'ignorance

L’ancien footballeur Lilian Thuram sort un livre « Mes étoiles noires » , qui révolutionne le regard des blancs, mais aussi des noirs, sur les noirs annonce d’emblée Frederic Taddei à « Ce soir ou jamais » du lundi 18 janvier. « Mes étoiles noires », le titre est explicite : il s’agit d’un panorama sur les noirs qui ont marqué le monde . Pour 80% des Français l’histoire des noirs commenceraient avec l’esclavage. Sont passées à la trappe les grandes civilisations et les grandes figures. Certes on connait Martin Luther King, Mohamed Ali ou Aimé Césaire mais tous les autres ? D’ Esope, celui des fables, à une star de la Nasa, père des sondes et malien, d’une kyrielle d’inventeurs (le frigidaire, la moissonneuse batteuse, les feux de circulation et des dizaines d’autres ) au premier opérateur à cœur ouvert … les étoiles noires n’ont pas éclairé seulement les cieux de la musique et du sport. « Tous ces personnages m’ont permis d’avoir confiance et de parler du racisme de façon sereine » affirme Thuram. Et son fils s’appelle Marcus comme Marcus Garvey 188è61940) le chantre du panafricanisme, celui pour qui l’émancipation intellectuelle, politique, économique et culturelle du peuple noir passait d’abord par la maîtrise de son histoire. Les extraits de film choisis par l’animateur viennent souligner le propos, ainsi de celui sur Patrice Lulumba (« Lulumba », un film de Raoul Peck, 2000), étoile s’il en est, héros de la décolonisation du Congo, assassiné en 1961. Et là je réalise à quel point Thuram dit vrai, en tout cas en ce qui me concerne, à quel point je ne sais rien ou si peu de l’histoire des noirs. Sa conclusion, évidente, simple : la meilleure façon de lutter contre le racisme est d’apprendre et il a créé une association qui s’intitule « Education contre le racisme »
A mi parcours, le parcours s’élargit et accueille d’autres intervenants pour la seconde partie de l’émission consacrée à Haïti. Et cela devient encore plus passionnant. C’est la conteuse et auteure Mimi Barthélémy (j’ai un souvenir lumineux d’une interview chez elle il y a des lustres lors d’un reportage sur les contes, Dieu qu’elle a bien vieilli ! ) qui attaque direct. Elle pointe la soi-disant malédiction sur ce pays … Liée à une faute suggère-t-elle : s’être opposé à la France… Le 29 août 1793 la fin de l’esclavage est programmé quelques temps avant son abolition par la Convention. Au centre de la révolution Toussaint Louverture (j’y reviens) qui ira jusqu’à défaire les troupes de Napoléon ! La proclamation de l’indépendance d’Haïti le 1er janvier 1804 couronne la première révolte d’esclaves victorieuse de l’histoire. Mimi s’insurge contre cette image d’Haïti « plongée dans les ténèbres », « pays le plus pauvre du monde » et qui se résume à «un cyclone aux infos ». Elle dit la riche culture haïtienne qui vit dans le monde, les créateurs de haut niveau et dont on parle si peu. A propos du tremblement de terre, elle dit aussi en substance : nous sommes une terre de volcans et ceci nous donne un caractère, une spécificité particulières . Bref ce qu’elle supporte mal, qui ne lui parait pas « bienvenue », c’est cette « fatalité » toujours brandie à propos de ce qui secoue le pays, séismes politiques et économiques compris. Il y a aussi des raisons objectives, historiques renchérissent les autres invités aux malheurs de l’île, notamment (si j’ai bien compris et je crois que oui) le blocus, l’embargo de l’Occident sur Haïti après son insurrection pour éviter que la liberté ne se propage ….

Le débat rejoint alors le propos de Thuram : il faut lutter contre l’ignorance des Français. Tiens, prenons justement Toussaint Louverture. Le premier film qui va – enfin – lui être consacré est fait par … les Américains. La France ne s’est pas saisie de ce personnage magnifique. Mais il n’existe pas non plus de grand film sur le Cameroun ou sur Madagascar, le seul long métrage sur la décolonisation c’est « Indigènes » ( et je ne l’ai pas vu !) . Alain Fox, auteur de « NOIR – de Toussaint Louverture à Barack Obama » (éditions Galaade) intervient. Comme Nelson Mandela, comme l’actuel président américain, dit-il, Toussaint Louverture ne voulait pas une république noire, il voulait une nation de toutes les ethnies ; et d’ailleurs, après l’abolition, il a tenté de faire revenir les colons. Obama est dans la même ligne : ne pas se laisser dépasser par la couleur.

Ignorance encore soulignée par le rappel que la France n’a toujours pas de musée de la décolonisation ( on en parle oui depuis des années on en parle ), aucun lieu consacré à l’outre mer- mais, raille un des invités, on compte un nombre conséquent de musées sur les sabots en France. Ignorance flagrante – et logique donc dans ce contexte – de l’histoire d’Haïti : elle est intimement liée à la nôtre, elle fait partie de notre identité nationale et qu’en savons-nous ? Nous l’avons oubliée, occultée. Et là, après ce terrible séisme, nous nous précipitons. C’est le moins…

Dernière chose, parmi les invités se trouvent les auteurs d’un Appel pour une « République multiculturelle et postraciale » : ils ont réuni 100 personnalités pour 100 propositions. Le texte sera disponible en kiosque à partir du jeudi 21 janvier.

C'est arrivé à Paris …

Sur le site www.theatrotheque.com, où je fais des critiques théâtrales, il y en a une de « A mon âge je me cache encore pour fumer ». J’ai rencontré l’auteur, Rayhana, au bistrot qui me sert de bureau. Elle était interviewée par « Magazine Théâtre » et ce qu’elle racontait sur la condition des femmes en Algérie dans les années noires était hallucinant. Sa pièce allait être jouée à La Maison des Métallos dans le 11ème siècle et elle en était folle de bonheur. Quelques semaines après ce fut effectivement le cas. J’ai été voir son spectacle et je suis sortie emballée ; et sidérée qu’elle ait osé un tel texte. La semaine dernière Rayhana a été aspergée d’essence alors qu’elle se rendait au théâtre – elle joue aussi dans sa pièce. Elle a réussi à s’enfuir mais on l’a vue à la télévision, bouleversée. Environ 500 personnes se sont rassemblées le soir de la dernière samedi 16 janvier pour la soutenir. Le spectacle a promis un député sera repris. Ne le manquez pas.
Je copie-colle ci-dessous mon papier

A mon âge, je me cache encore pour fumer
De Rayhana
Mise en scène : Fabian Chappuis

Neuf femmes au hammam dans l’Algérie des années noires : une écriture crue pour un texte sans tabou

Le rideau se lève sur un hammam et la maîtresse des lieux, Fatima, qui savoure sa cigarette, seule. Un long moment de silence pour introduire une pièce montée sur ressorts. Des dialogues musclés, un tempo d’enfer qui tient sur presque deux heures, beaucoup de drôlerie et de tendresse, une langue drue, crue, qui appelle un chat un chat, un vagin un vagin et un intégriste un barbu. Narration de la nuit de noces d’une qui devait avoir dix ans ou d’une autre qui a bricolé un hymen intact avec un boyau de poulet, mais aussi émois amoureux de celle qui a tiré le gros lot avec son mari… ici au hammam on parle beaucoup du corps. On en parle tandis qu’on on le choie, qu’on s’en occupe tranquillement comme on l’entend, sous l’œil bougon et maternel de Fatima la masseuse dont « les mains ressusciteraient même un mort ».

On se sent bien avec toutes ces femmes, l’impression de les connaître, de les reconnaître ; d’une certaine façon, bien que l’action se passe en Algérie à la fin des années noires, avec en toile de fond la terreur quotidienne, on les a, ces neuf femmes, toutes croisées. Ce sont presque toujours elles qui vous aident à porter la poussette dans les escaliers du métro, ce sont celles aussi parfois à qui on a envie de dire : mais enlève donc ce voile !– car dans la galerie de portraits brossés par Rayhana il y a la jeune intégriste .
Toutes pourtant, y compris cette dernière, y compris l’immigrée en France venue chercher une épouse à son fils, y compris la chieuse de belle-mère, se lèveront pour défendre Myriam, le petite de seize ans qui va accoucher et que son frère poursuit pour la punir, « Je te tuerai toi et ton bâtard », la petite qui a fauté – à moins qu’elle n’ait « attrapé le ventre » en s’asseyant chez les hommes …
Des rôles épatants donc pour des comédiennes qui ne le sont pas moins. Mention spéciale pour Rébecca Finet, soit Nadia la jeune divorcée étudiante, qui joue de ses rondeurs avec une belle sensualité rieuse. Et son contraire, et néanmoins copine, la très rigolote Samia, interprétée par Linda Chaïb, sensément trop maigre pour trouver un mari mais qui ne pense qu’à ça et, en attendant de le trouver, fait dans le self-service, s’éclipsant dès qu’elle peut pour aller chatouiller sa zigounette – ou quelque chose d’approchant dans la formulation !
Certes Rayhana ne fait pas dans la dentelle, les hommes en prennent plein leur musette, – «ils n’aiment qu’eux-mêmes et leur mère » et ils ne sont présents que par les traces qu’ils laissent dans le hammam masculin où « ils se branlent, se vident ». Certes le propos est parfois un peu didactique mais le tout est emporté par une rage, une santé contagieuses. Et un humour corrosif : à sa belle-fille qui se vante d’avoir pris la pilule deux ans de suite, Aïcha, calculant le nombre de petits enfants pas nés, lance : « Un véritable génocide ! »Car rien n’est sacré sous la plume de la dramaturge, et surtout pas Dieu ! Et, plus transgressif peut-être encore, pas même la mère quand elle perpétue l’asservissement sexuel des filles – l’épisode terrible du piment dans le vagin d’une fillette pour la punir est, Rayhana nous le confirme de vive voix, parfaitement authentique.

Alors ça marche. Forcément. On rit, on est ému. Sans doute les femmes se sentent-elles en connivence car même si on n’a jamais connu la violence sexuelle, on sait, ataviquement peut-être, ce que c’est. Et sans doute les hommes se sentent, de la même façon, en compassion. Du très bon théâtre.

Eluard vous présente mes voeux

Sur la maison du rire
Un oiseau rit dans ses ailes
Le monde est si léger
Qu’il n’est plus à sa place
Et si gai
Qu’il ne lui manque rien
Eluard

Rire, légèreté, gaieté …
que votre année soit jalonnée de ces moments-là

L'enfer…

… est pavé de bonnes intentions Je saisis un bout d’info à la télé sur la possibilité de se déclarer victime consentante de la pub. Les profits liés à des messages publicitaires liés à chaque envoi de nos mails iraient financer quelque bonne cause dans le monde !

La métamorphose

Edgar Morin encore ! Oui j’y tiens. Avec Régis Debray dans l’émission de Giesbaert, FOG comme on dit quand on est branché. Sur le thème de l’amour ils sont d’accord, sur celui de la nation moins. Le premier croit, milite pour la Terre-patrie. Le second est plus sceptique. Le lendemain une page de Morin dans Le Monde (dimanche 10-lundi 11 janvier 2009) intitulée « Eloge de la métamorphose ». Encore une fois quelle satisfaction d’être nourri par une « pensée complexe » aussi claire. Pourquoi aucun gouvernement ne l’a-t-il jamais recruté dans une cellule Prospective cet homme ? je l’ignore. Pourquoi au demeurant n’y a-t-il pas de cellule Prospective ( si elle est existe, elle est bien muette) dans toute démocratie ? Mystère. Qu’est devenu, j’y songe à l’instant, Futuribles, la revue qui avait le mérite de nous mettre en éveil? je me renseigne. Bref dans cette page « Horizons-débats » le philosophe nous dit que face à tous les périls ( nucléaires, de la biosphère, économiques, guerre de civilisation), il ne s’agit plus de faire la révolution ( on a donné) mais de procéder à une métamorphose, « processus à la fois d’autodestruction et d’autoreconstruction », façon chenille/papillon. L’idée de la métamorphose c’est de lier transformation radicale et conservation de l’héritage des cultures. Ce processus est déjà en marche nous dit Edgar Morin : partout dans le monde, un bouillonnement créatif, des micro-initiatives qui sont « le vivier du futur. » Il faut les reconnaitre, les recenser, les conjuguer, élaborer » les voies qui se rejoindront dans la voie (…) Ainsi il faut à la fois mondialiser et démondialiser, croître et décroître, développer et envelopper. L’orientation mondialisation/démondialisation signifie que, s’il faut multiplier les processus de communication et de planétarisation culturelles, s’il faut que se constitue une conscience de « Terre-patrie », il faut aussi promouvoir de façon démondialisante, l’alimentation de proximité, les artisanats de proximité, les commerces de proximité, le maraîchage périurbain (…)L’orientation croissance-décroissance signifie qu’il faut faire croître les services, les énergies vertes, les transports publics ( …) mais décroître les intoxications consommationnistes, la nourriture industrialisée, la production d’objets jetables et non réparables (…) L’orientation développement-enveloppement signifie que l’objectif n’est plus fondamentalement le développement des biens matériels, de l’efficacité, de la rentabilité, du calculable. Il est aussi le retour de chacun sur ses besoins intérieurs, le grand retour à la vie intérieure et au primat de la compréhension d’autrui, de l’amour et de l’amitié. » Avec ce jeune homme de 88 ans on finit toujours par revenir à l’amour et à l’amitié, autrement dit à la poésie.

Question de style

Question de style (*)
Entendu sur France Inter ces perles parmi d’autres :
Une chorégraphie tonitruante !
Les Danois s’ébrouent vers leurs lieux de travail …
(*) Question de style, Dane Cuypers, éditions CFPJ ( dans les Fnac )

Eluard vous présente mes vœux !

Sur la maison du rire
Un oiseau rit dans ses ailes
Le monde est si léger
Qu’il n’est plus à sa place
Et si gai
Qu’il ne lui manque rien
Eluard

Rire, légèreté, gaieté …
que votre année 2010 soit jalonnée de ces moments-là !

Voilà j’en suis sûre maintenant je dis Chapeau l’artiste !mais je n’aime pas le personnage de Serge Gainsbourg. Ce non-amour longtemps refoulé, parce que pas très tendance c’est le moins qu’on puisse dire, a fait son coming out au cours de l’émission « Ce soir ou jamais » du lundi 11 janvier 20098. Thème Serge Gainsbourg peut-il être encore provocant ? A regarder le défilé de ces provocations – brûler un billet de 500 francs pour protester contre sa charge d’impôts, faire chanter à France Gall un texte à forte connotation sexuelle et s’en gausser ensuite, rendre obsessionnellement gloire à la sodomie ( « Je t’aime moi non plus, chanson et film) , à l’inceste (lemon incest), je suis obligée d’admettre que tout cela va à l’encontre de ma pudibonderie pourrait-on dire, oui pourquoi pas ? de mon idée de l’érotisme, oui c’est sûr( une provoc que je trouve plutôt sympa c’est La Marseillaise en reggae). Et puis j’ai trouvé cette scène où, complétement cassé et dégueulant les mots, il fustige Catherine Ringer avec un mépris haineux pour sa pratique de la pornographie, tout à fait pitoyable. Un des invités a dit qu’au fond ce qui intéressait Gainsbourg dans la chanson c’est ce que c’était un art mineur qu’il voulait détourner….Interprétation limite « psychanalyse sauvage » mais bigrement convainquante. Un autre a pointé qu’étant affligé d’un physique plutôt ingra, il se rassurait avec cette débauche de fantasmes sexuels . Ça c’est certain ! La chanteuse Camille avait beau, avec une constance et une intelligence méritoires, souligné à quel point le tout s’inscrivait dans une démarche poétique, je n’étais pas convaincue. Taddei non plus j’en ai eu la vague impression !!!

A la fin de l’émission l’aminateur avait choisi de repasser Mano Solo qui vient de mourir et qui chantait sur son plateau en novembre. C’était beau et déchirant à pleurer.

La reine de la nouvelle !

C’est moi Dane la reine de la nouvelle ! Je vous enseignerai ( presque) tous les secets de ce genre littéraire exigeant au cours d’un cycle d’écriture en trois week-ends. Plus d’infos en m »écrivant
danecuypers@yahoo.fr