Le poids des mots

Dans une interview au monde du vendredi 28 décembre, Emmanuel Todd analyse le débat sur l’identité nationale. Sarkozy, dit il en substance recherche des boucs émissaires pour faire oublier son échec sur le plan économique. Pourquoi pas ? Je n’en sais rien et ça m’intéresse de lire l’argumentation de l’historien. Ce qui me gêne en revanche, c’est quand aux trois quarts de l’interview, il opère un glissement qui l’autorise à comparer (et notamment dans cette recherche supposée de boucs émissaires ) certains aspects de la politique actuelle du gouvernement avec la période d’avant-guerre, avec la montée du nazisme. Un peu plus loin il affirme : « l’Etat se mettant à ce point au service du capital c’est le fascisme. L’anti-intellectualisme, la haine du système d’enseignement, la chasse au nombre de profs, c’est aussi dans l’histoire du fascisme. » Et ce qui me gêne encore bien plus, c’est qu’il n’aille pas au bout de sa pensée, qu’il se rétracte (en apparence en tout cas) lorsque, répondant à l’intervention du Monde qui lui demande si la comparaison avec le fascisme n’est pas excessif, il répond : « Il ne s’agit pas du tout de dire que c’est la même chose. Il y a de grandes différences. » Pour conclure « Mais on est en train d’entrer dans un système social et politique nouveau (…) dont certains traits rappellent la montée au pouvoir de l’extrême-droite en Europe. » L’analogie me parait fausse – nazisme et fascisme sont des mots chargés – mais surtout la façon dont elle est tissée et le balancement « oui mais non et pourtant si ! » est à mon sens, dangereuse.
Au début de l’entretien Emmanuel Todd a un propos qui fait pourtant chaud au coeur : « La réalité de la France est qu’elle est en train de réussir son processus d’intégration. » Et il explique : « Les populations d’origine musulmane de France sont globalement les plus laïcisées et les plus intégrées d’Europe , grâce à un taux élevé de mariages mixtes. »

Grabouillages au musée

Son collage qu’on dirait du Max Ernst, ses bonnes femmes qui ressemblent tellement à celles de Niki Saint Phalle, les œuvres de votre rejeton ( oui même celles que vous avez précieusement gardées dans le grand tiroir, dans ce que vous appelez tendrement votre « musée des horreurs ») pourront enfin ravir d’autres yeux que les vôtres. Enfin peut-être : si elles sont sélectionnées par « le Muz », un espace d’exposition dédié aux réalisations artistiques des bambins. Evidemment cela se passe sur internet et, bien que je me moque, c’est une très jolie idée pour les mamans et les mères-grands !
www.lemuz.org

Brave new father !

Devant le marché de la Place des Fêtes, un père s’installe à la terrasse du Belvédère avec sa petite dans une poussette. Tout habillée de rose fuchsia, elle est jolie comme un bouton de lotus. Le rayon de soleil est rachitique et le vent glacial. Le père sort un bonnet – fuchsia – et le met à sa fille. Le soleil disparait derrière une tour. La petite fait la grimace. Il renonce à son café, à sa clope pas encore allumée et part. Brave new father !!!!
Une rumeur comme quoi la cigarette pourrait être interdite aux terrasses des cafés. L’écharpe obligatoire en terrasse c’est pour quand ? Et les bons pour un seul café par jour ? En voilà des idées qu’elles sont bonnes …

Au théâtre

Un bon site pour choisir sa soirée théâtre www.theatrotheque.com. En plus j’y écris ! Deux critiques en ligne : « Un soir à Montparnasse », petit bijou au Lucernaire ; « Une passion » au Carré Marigny, qui ne m’a pas passionnée du tout

Editorial planétaire !

Cela ne m’emballe pas que 56 journaux de 45 pays aient publié le même éditorial lundi 7 décembre sur Copenhague. La « bonne cause » qui uniformise le fond du propos, why not ? encore que. Mais que la pensée soit unique jusque dans la forme, les mots pour la dire, franchement non merci. Il parait que Marianne.fr se rebelle là-dessus …
Au fait, allez vite éteindre la lumière dans la cuisine !

Vivre en poésie

Hélène Cixous sur France inter samedi 5 décembre : « L’acte poétique lorsqu’il se produit dans la langue fait un certain travail (…) qui produit des irradiations de vérité inextinguibles. On ne peut pas vivre sans poésie. Nous ne serions pas vivants sans poésie sauf à être des vivants de bois ».

Le philosophe Edgar Morin, dont je suis en train de lire le si douloureux « Edwige l’ inséparable » Fayard) sur l’amour de sa vie disparu en février 2008, ne disait pas autre chose. Je l’avais interviewé pour Actualité des religions et il m’avait semblé qu’il mêlait l’intelligence la plus aigue et la plus ouverte à l’extrême fragilité d’un enfant. Il le dit dans ce livre à sa femme qu’il est un enfant et qu’elle l’était aussi, qu’ils avaient tous deux connu l’absence, elle de son père, lui de sa mère et que cela les unisssait indéfectiblement, les rendait inséparables.
Edgar Morin, c’est le philosophe de la complexité (théorie exposés dans « La Méthode »), c’est-à-dire, pour faire bref, l’impossibilité de fragmenter la réalité humaine, de la découper en tranches, et donc la nécessité pour la comprendre, d’ avancer deux notions apparemment contradictoires, de se méfier du cloisonnement, de faire appel à l’interdisciplinarité…

De la poésie, thème qui irrigue toute son œuvre et toute sa personnalité, voilà ce qu’il me disait : « La poésie est là quand nous nous transcendons, que nous sommes dans un état second, extatique – qui devrait être le premier puisque c’est le plus beau – celui qu’on trouve d’abord dans l’amour, dans un paysage, une fête des moments de communion, fugitifs et sublimes, un morceau de musique qui nous transporte … » Les moments de musique partagés avec sa femme reviennent sans cesse dans son livre. Le jour de l’interview, on avait parlé chansons et il m’avait dit : « Il y en a beaucoup que j’aimerais chanter et beaucoup que j’aime ! des chansons anciennes de l’ »Opéra de quat’sous », celle du film « Sous les toits de Paris » que j’adore, des chansons de Prévert et Kosma, de Léo Ferré, des Brel merveilleux, et puis les chants révolutionnaires, allemands et russes qui m’émeuvent toujours. Il y a une chanson d’un film « Un soir de rafle » , que j’ai parfaitement en tête. » Et comme je lui demandais de la chanter, il avait d’abord dit non et puis il l’avait fait : « Je n’aurai pas quand je te vois ce petit frémissement d’émoi, l’amour ne serait pas venu si l’on ne s’était pas connu… » avait-il fredonné dans son bureau noyé de documents.

Cela se passait dans son appartement pas loin de la Bastille, nickel l’appartement– j’avais même du mettre des chaussons ! –sauf le souk dans le bureau. Après, rayonnante de fierté d’avoir (entre autres) fait chanter Edgar Morin ! j’avais été boire un de mes meilleurs express au Café des philosophes place de la Bastille… C’était en 1999. Dix ans plus tard c’est cet Edgar Morin là, tendre, enfantin, sans pudeur, avec toute son immense peine, « dans le malheur primordial », que je retrouve dans « Edwige l’inséparable ». Accès de larmes, adresses à l’aimée, reproches à soi même, ressassement, film à l’envers de qu’il aurait pu faire (alors qu’il l’a aimée et soignée son Edwige au-delà du possible ) images du bonheur passé, accalmies avec le goût de la vie – des amis un bon vin – qui resurgit …. Un petit oiseau croisé plusieurs fois le bouleverse tant il pourrait être sa femme, celle qui toute sa vie édifia « le nid » de leur vie commune. Ce n’est bien sûr pas la philosophie qui aide l’homme meurtri, c’est la poésie. Mais le penseur est là malgré tout : « Ce que je vis c’est ce que chacun a vécu ou vivra, c’est une tragédie commune à toutes l’humanité – ce qui devrait nous conduire à une mutuelle compassion entre humains ».

Si vous ne connaissez pas Edgar Morin, commencez par son autobiographie » Mes démons » (Point Seuil). Et aussi « Amour, poésie, sagesse » (le Seuil). Et peut-être le « Mon chemin ». Entretiens avec Djénane Kareh Tager »(Fayard) que je n’ai pas lu. Et » Vers l’abîme » (Le Seuil 2007) qui résume toute sa démarche et sa réflexion. Quelle chance de découvrir un tel auteur qui aide à penser et qui parle au coeur en même temps. Sur l’éducation, l’avenir de la planète et le reste, il a tout dit et n’a pas, en France au moins, la reconnaissance qu’il mérite.

Fouillant dans mes papiers (je me dis que mon souk révèle ma complexité !) je tombe sur une autre interview que j’avais faite de Philippe Sollers. Rien à voir entre Morin et Sollers apparemment. Eh bien si : placer la poésie au cœur de l’existence. Il a plutôt mauvaise presse Sollers. Sans doute mais quel plaisir à nouveau un interlocuteur dont la pensée prolifique (complexe ) est également claire et structurée. Sur le thème de la poésie, je copie-colle les passages suivants.

A propos de l’amour :
« L’amour n’est pas prévu au programme. Il est le délit suprême. Il n’y a rien de plus dangereux, de plus scandaleux pour un Contrôle social généralisé que deux personnes qui s’aiment. Pourquoi ? Parce qu’elles deviennent asociales. Quand il y a amour, il y a interruption du lien social. Et puis, au fond, l’amour c’est encore une fois des questions de langage. Si c’est l’amour, alors il y a de la musique, il y a de la danse, de la perception, des couleurs … et le temps change de nature – huit jours c’est trois ans, une soirée c’est trois mois. L’amour, la liberté, la poésie – je ne vous parle pas de celle des livres de poème – c’est la même chose. »

Ou encore :
« (…) quand j’entre dans le bus 83 le matin, je récite – c’est comme une courte prière – ces vers de Rimbaud : «Mon âme éternelle/Observe ton vœu/Malgré la nuit seule/Et le jour en feu ». C’est beau ce moment où quelqu’un arrive à regarder son âme. Ensuite, je regarde les gens qui sont là, et je les vois soucieux, hagards, pensant à autre chose, lisant des livres « que-c’est-pas-la-peine », et allant à leur exploitation. ll y a très rarement un visage qui va vers quelque chose de plaisant. (…)
Si vous n’avez rien lu de Sollers je vous conseille, sur la vague amour et poésie, « Passion fixe » (en poche). Et aussi ses formidables écrits critiques sur l’art : le libraire vous orientera.

PS Vivre en poésie … c’est un titre un peu racoleur j’en conviens, mais on peut tenter des étincelles de poésie, de brèves irradiations ….non ?

Cellule familiale bis

Vu au Centre d’animation de la Place des Fêtes (Paris 19) un film documentaire de Stephane Mercurio qui à sa façon parlait aussi de la cellule familiale sur un mode bien plus tragique certes.
« A côté » raconte la vie, de l’autre côté du mur, de femmes de prisonniers. Le tournage s’est déroulé dans le centre d’accueil de l’association TI Tomm près de la maison d’arrêt de Rennes. J’y fus un peu par civisme, par volonté de sortir de ma petite sphère, j’y ai passé une heure-trente passionnante, remuante.

J’ai adoré ces femmes, ces mères, leur courage ordinaire, leur langage du coeur, j’ai adoré qu’elles se remettent du rouge à lèvre et s’inondent de parfum avant le parloir, j’ai adoré leur attachement obtus, sans condition à leur homme. J’ai détesté ces mères-courage, ces épouses tenues de séduire leur mari détenu, j’ai détesté leur résignation, leur reddition – l’une au beau visage marqué vit depuis 39 ans avec son mari qui en a passé 31 derrière les barreaux … Moment de soulagement quand, vers la fin du film , l’une d’elle s’insurge contre celui qui ne se rend pas compte de ce que c’est de s’occuper seule de trois enfants, de trouver le fric pour les factures, de venir ici et en plus de faire bonne figure.
Ce film est aussi, et ce n’est pas rien, la mise à plat de petits scandales qui détruisent ces femmes : la putain de borne informatique qui n’a pas enregistré leur rendez-vous (c’est moi qui le dis, ainsi pas elles qui sont juste abasourdies, matées presque et ça bouleverse) et elles ont fait trois heures de transport pour rien, les transferts dont elles sont prévenues quant elles arrivent à l’heure du parloir – pour apprendre qu’il a été envoyé à l’Ile de Ré et c’est trop loin et trop cher et elles ne pourront y aller qu’une fois par mois.
Car toutes ou presque sont pauvres. Et vous savez à quoi ça se voit ? Pas à leurs fringues – elles doivent se débrouiller au marché ou dans les soldes – mais à ce qu’elles boivent du café et fument tout en papotant, tout en disant toujours les mêmes phrases, tout en surveillant d’un œil nerveux les enfants. Les pas riches et les pas heureux c’est dix fois plus dur pour eux – on le dit peu – d’arrêter de fumer. Et ces femmes souvent jolies, encore rieuses, c’est insupportable de les voir s’esquinter ainsi, trouvant dans la clope allumée, le café longuement touillé la fenêtre de fumée, la liberté qu’elles n’ont plus. Car l’une le dit : on est comme eux enfermée mais de l’autre côté. Envie qu’elles balancent tout, qu’elles les abandonnent à leur sort leur tolard. Oui. Pas correct ! mais oui, envie.

Premier film sur ces femmes-là réalisé par une femme qui était présente après la projection. Est-ce que le film a changé quelque chose à la maison d’arrêt de Rennes ? Non ou si peu. Les fonctionnaires sont enfermés eux aussi dans une espèce de machine qui les empêche de penser ( c’est moi qui traduis ainsi ce qu’elle a dit et je n’ai pas pris de notes). Devant les maisons d’arrêt des femmes; les hommes sont-ils aussi nombreux aussi fidèles ? Non ils ne sont en majorité pas là…

Cellule familiale

« La famille Wolberg », ce n’est ni « Tanguy », ni « Festen », c’est juste la vie, la mienne, la vôtre, sublimée par ce que j’appelle volontiers dans le cas présent le septième art. Le film est-il optimiste, pessimiste ? Ni l’un ni l’autre. « (…) c’est autant un film sur l’impossibilité d’être en famille que sur l’impossibilité de s’en détacher. » dit Axelle Ropert dont c’est – ahurissant ! – le premier long métrage. Résultat : c’est insupportablement triste, c’est incroyablement gai. Je discutais en sortant avec des plutôt jeunes qui, eux, trouvaient ça très lourd : « Tout est dit, expliqué » se lamentaient-ils. Rien compris. Outre que le fameux « non-dit » au cinéma comme au théâtre sert souvent de cache-misère au fait qu’il n’y a rien à dire, le passionnant, le noyau même du film, son ressort, c’est que dans cette famille on dit tout. Ou presque car quand même Simon, le père, cache un cancer du poumon– je me demande à la réflexion si cela est vraiment utile et d’ailleurs la réalisatrice n’en fait pas des tonnes sur le sujet . Mais en tout état de cause, avec ou sans cancer, Simon « un personnage de père solaire, mais un soleil sombre, tyrannique, paradoxal » dixit la réalisatrice, Simon donc, dans sa volonté de protéger contre vents et marées le cocon de la famille, est, serait insupportable, irrésistible, d’une tendresse à vous arracher les larmes, d’une volonté de toute puissance à vous enfuir à l’autre bout du monde. Bouleversante scène des 18 ans de sa fille où il lui raconte comment il l’a empêchée sans en avoir l’air de marcher trop tôt, puis de faire du parapente, puis de partir à Londres,… son dernier empêchement, il l’en supplie, c’est … je ne vous le dirai pas ! allez l’entendre. François Damiens et Léopoldine Serre forment ce couple père-fille inoubliable mais la mère et le fils, Valérie Benguigui et Valentin Vigourt, ne sont pas en reste, pour nous « ravir », pour nous enfermer durant une heure trente dans la cellule familiale …

NB une heure trente, preuve qu’on peut faire des films forts sans pour autant, comme cela devient fréquent, s’étaler sur deux heures ou plus.
« La famille Wolberg », un film de Axelle Ropert

Adorable Sagan

A la télé dans une émission de Marie Drucker sur les années 70, un extrait de la scène où Desproges interviewe Sagan en jouant l’abruti total. L’adorable Sagan qui croit vraiment avoir affaire à un nul répond à ses questions les plus saugrenues en s’efforçant de ne manifester aucune surprise. C’est drôlissime et touchant. J’ai toujours adoré et Sagan et son écriture. La femme, sa politesse du cœur, son authenticité absolue. L’écrivaine, son élégance, sa musique. Oui j’ai toujours aimé Sagan qui redevient à la mode et je me sers dans mes ateliers d’écriture pour les journalistes d’un de ses livres « Avec mon meilleur souvenir « ( en poche ). Car contrairement à l’idée qu’on s’en fait, son écriture est très précise, très efficace, témoins ses portraits de Billie Haliday ou d’Orson Welles, sa façon de raconter sa passion de la vitesse ou de la cigarette. Bref la réédition d’un texte introuvable de Sagan est un grand plaisir. « Toxique » qui vient de sortir chez Stock est son journal de l’été 57 ( trois ans après la publication de « Bonjour tristesse ») au cours duquel elle suit une cure après avoir été intoxiquée par trop de morphine à la suite d’un accident de voiture.
Le lire d’une traite, avec un café allongé, soit une demi-heure dans un bistro, c’est ce que je vous conseille. Une demi-heure de régal littéraire avec les notes d’une jeune femme de 22 ans qui a peur du manque, de la souffrance et le dit avec cette irrésistible lucidité, cette absence totale de paraître qui la rendent si proche. La patte Sagan est là : formules lapidaires, auto-coups de griffe, attitude de profonde empathie et d’observation féroce des autres malades : « Apollinaire que j’ai lu ce matin … de quel oeil verrait-il ces douces dames schizophrènes plus que damascènes se balader dans les allées mortes de ce parc, chapeau violet de paille sur un crâne agité, obstiné parfois sur une idée, une merveilleuse petite idée qui les comble. » A l’attention de stagiaires en écriture qui gémissent souvent sur leur manque d’imagination je cite aussi :
« J’aimerais écrire des choses qui se passent en Espagne, avec du sang et de l’acier, ou à Florence sous les Borgia(,) mais non.
Mon domaine c’est apparemment « il a mis le café dans la tasse, il a mis le lait dans le café, il a mis du sucre, etc. »
Toxique de Françoise Sagan. Stock,15 euros. (Stock va publier tous les titres de Sagan des années 1970 et 1980 entre cet automne et 2011.)
Et aussi …
Question de style de Dane Cuypers, CFPJ. A la Fnac ou à commander chez votre libraire.

Parigote !

Lundi matin, 9h00, j’arrive sur le quai de ma calamiteuse ligne 11 pour aller marcher au Bois de Vincennes ( voir BON PLAN ci-dessous). Noir de monde. Musique angélique au-dessus de la mêlée. Mouvement de grève intempestif ? Agression sauvage du conducteur ? Coup de blues d’un passager ? Que nenni, une histoire de flux m’informe ma proche voisine ( c’est rien de le dire ) comme nous nous infiltrons dans un wagon. Qui ajoute avec une gouaille très parigote : « Enfin ils nous ont mis de la zique vous avez entendu ! C’est pour nous détendre … On pourrait aussi lancer une p’tite chorale de Noël là tous ensemble non ! » On pouffe. J’aime pas la ligne 11 mais j’aime bien les Parigotes de la ligne 11.

BON PLAN
Tous les lundis et jeudis matins à 9h15 pétantes une marche à un rythme très soutenu démarre devant les barques du lac au Bois de Vincennes, métro porte Dorée. Retour à 11h15 pareillement pétantes. Personne n’est sensément leader du groupe mais de fait un monsieur dégingandé, facétieux et charmant guide la balade sans en avoir l’air avec des changements de direction et des accélérations redoutables …Et cela depuis seize ans. Ne pas se fier à la moyenen d’âge, le rythme est très soutenu : entre 8 et 9 kilomètres en deux heures.