Avoir le frisson…

J’aurais adoré écrire que j’ai adoré Herbes folles, dernier film d’Alain Resnais.
Je l’ai vu à La Pagode où je ne vais jamais mais comme j’ai tort : quel joli cinéma – je donnerai dorénavant mes rendez-vous de ciné au printemps et à l’été dans son jardin.
Quand la lumière s’est rallumée et que je suis sortie, j’ai eu l’impression de rester dans les décors de Resnais. De Jacques Saulnier ( un vieux monsieur lui aussi, de la génération et de la qualité de Max Douy), ils sont merveilleux. Sabine Azéma l’est aussi merveilleuse, plus ébouriffante et craquante que jamais. Et Dusselier donc : tendre, étrange, fragile, bref irrésistible.

Alors quoi ? Alors rien, tout est juste, délicatement décalé, d’une fantaisie grave, d’une absurdité réconfortante. Et la liberté de ce monsieur de 87 ans est réjouissante : par exemple, entre mille choses, la voix du narrateur omniscient Edouard Baer, un procédé que j’en suis sûre on déconseille formellement dans les classes de cinéma, fonctionne formidablement Mais voilà je me suis un peu ennuyée. Pas beaucoup. Un peu. Comme dans un joli conte qui ne me fait pas frissonner pour de vrai. Vous avez le droit – et même le devoir – de nous dire ici que vous n’êtes absolument pas d’accord et que, comme Jacques Mandelbaum du Monde, vous pensez que Resnais a réalisé là un de ses plus beaux films.

Bon plan. La Pagode propose le 2 décembre une master-class avec Fanny Ardant .
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